Une journaliste qui voulait dénoncer les méfaits de la suspension, pratique qui consiste à se faire suspendre par des crochets plantés dans le dos, a été renvoyée devant des magistrats toulousains qui devront déterminer fin mars si elle s’est ou non rendue complice de violences. Le 8 octobre 2006, M6 avait diffusé dans son émission «Zone interdite» un reportage sur les modifications corporelles (piercing, scarification…) chez les jeunes. Le sujet, d’Isabelle Cottenceau de la société de production TAC Presse, montrait un adolescent qui expliquait tout à fait librement avoir décidé de s’offrir une «suspension» pour ses 18 ans et sa mère, qui lui avait donné son accord. Les images de la suspension à proprement parler n’avaient pas été diffusées. En outre, à l’issue du reportage, un psychiatre et une avocate étaient intervenus sur le plateau de «Zone interdite» pour condamner une telle pratique. «Je voulais témoigner pour dénoncer ces pratiques, mais en aucun cas les cautionner», se défend aujourd’hui la journaliste. «Loin de relever d’une quelconque complaisance à l’égard de cette pratique, ce reportage consistait précisément à en dénoncer les dangers et à porter à la connaissance du public ce type de comportement extrême», renchérit TAC Presse, pour qui la jeune femme «ne faisait qu’exercer sa profession de journaliste, c’est-à-dire informer, y compris sur des sujets dérangeants».