Entre la guerre en Ukraine et le traitement de la Présidentielle, franceinfo (canal 27) voit ses audiences progresser particulièrement auprès des cibles jeunes et CSP+. La chaîne est en édition spéciale depuis le début de la guerre, et décrypte les enjeux du conflit. Grâce aux envoyés spéciaux de France Télévisions sur place, de nombreux sujets et duplex sont proposés tout au long de la journée. Le public accorde sa confiance à la chaîne et suit largement cette actualité compliquée sur sur le canal 27. Entretien avec Sophie GUILLIN, Directrice de franceinfo / édition TV.
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Avec la guerre en Ukraine, comment franceinfo mobilise-t-elle ses troupes?
SOPHIE GUILLIN
Il y a 1 mois, nous avions senti la tension montée en Ukraine. C’est pourquoi nous avons monté rapidement des spéciales sur la situation en Ukraine, bien avant le déclenchement des opérations russes. Dès l’officialisation de l’offensive, nous savions que cet événement majeur allait écraser toutes les autres actualités. Nous nous sommes mis en situation technique et organisationnelle afin de pouvoir être en direct, de 6 heures à minuit.
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L’actualité en Ukraine a balayé d’un revers de main le reste des actualités. Ça a été une évidence dans vos choix éditoriaux ?
SOPHIE GUILLIN
Bien évidemment, notamment les premiers jours de l’offensive. Nous sommes la chaîne d’information qui consacre le plus de temps d’antenne à l’actualité européenne et internationale étant donné notre mariage avec France 24 et la force de la rédaction nationale de France Télévisions. Compte tenu de la politique éditoriale de la chaîne, c’est une actualité majeure. Nous sommes en édition spéciale depuis le début. Nous étions en monothématique depuis plusieurs jours, et nous sommes revenus à un traitement plus diversifié. En parallèle, nous avons été la seule chaîne à diffuser en direct le retrait de Christiane Taubira de la course à la Présidentielle. Dans un premier temps, nous avons laissé de la place à la Présidentielle, puis à d’autres actualités majeures comme les tensions en Corse. L’actualité en Ukraine et en Europe reste néanmoins ultra dominante. Ce n’est pas pour rien que nous avons décroché une exclusivité avec Ursula von der Leyen.
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Combien d’envoyés spéciaux avez-vous sur place ?
SOPHIE GUILLIN
Pour franceinfo, aucun. Ce sont les envoyés spéciaux de la rédaction nationale de France Télévisions et les équipe des magazines du groupe. Cela peut représenter une cinquantaine de personnes pour le groupe : journalistes, JRI, monteurs, techniciens, fixeurs…dans le périmètre Pologne-Ukraine-Russie. Cela fluctue beaucoup en fonction des semaines.
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Le public accorde sa confiance à votre chaîne. Comment analysez-vous les dernières audiences ?
SOPHIE GUILLIN
Depuis le 24 février, nous avons enregistré une augmentation de 100% de l’audience de franceinfo. Vendredi 25 février, la chaîne a réalisé son record historique avec 1,9% de pda sur les quatre ans et plus et 2,0% sur les 15/49 ans (audience cumulée 10’). Plusieurs rendez-vous, dont la matinale et le 23h ont également réalisé des records historiques depuis la semaine dernière. Nous retenons deux choses saillantes : les blocs qui étaient forts : 6h30-9h30 et 23h-minuit sont encore plus forts. Les cibles de franceinfo (15-34 ans, 15-39 ans et les CSP+) surperforment.
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De nouveaux téléspectateurs vous découvrent-ils ?
SOPHIE GUILLIN
Oui, c’est une évidence. Ça se voit notamment sur les chiffres du vendredi. Certains téléspectateurs découvrent l’offre de franceinfo à l’occasion de fortes actualités dans le monde. Ils choisissent d’y rester et de revenir.
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Qu’est-ce qui vous différencie de l’offre des chaînes d’info en France?
SOPHIE GUILLIN
L’actualité européenne et internationale. Elle est beaucoup plus traitée chez nous qu’ailleurs. L’actualité internationale ambiante nous est d’ailleurs beaucoup plus «bénéfique». Nous bénéficions aussi de la force des équipes de France Télévisions. Nous sommes une chaîne info qui propose beaucoup de reportages. Troisième différenciation, nous ne sommes pas une chaîne de talk ni d’éditorialistes. On ne fait pas s’affronter deux polémistes ensemble. Franceinfo est une chaîne d’expertise et de décryptage. Nous offrons à la fois plus d’images, plus d’experts et des documents bruts comme la retransmission des conférences de presse. Nous sommes les seuls à diffuser en direct l’intervention de Zelensky au Parlement britannique.
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Vous êtes aussi mobilisés pour la campagne présidentielle. Continuez-vous à donner de la voix à la démocratie ?
SOPHIE GUILLIN
Nous avons conservé notre espace de débat à 22 heures. Nous gardons nos grands rendez-vous à 7h50 et 8h30 avec la radio. En revanche, il est vrai que la campagne présidentielle est un peu moins présente qu’elle ne l’aurait été. Les week-ends du scrutin du vendredi au lundi, nous serons en antenne permanente en jouant sur le réseau régional de France 3 et ultra-marin des 1ères. Nous aurons des moments d’antenne communs avec la radio, TV5Monde, France 24 et les médias francophones publics. On produira une émission tous ensemble entre 23h30 et 1 heure du matin. Objectif, apporter un autre regard (international) sur la présidentielle.
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Quels ponts existe-t-il entre franceinfo.fr et l’antenne ?
SOPHIE GUILLIN
L’équipe du numérique intervient régulièrement sur le canal 27. On produit ensemble une série, «Les 10 questions des Français» à tous les candidats à la Présidentielle. Une partie de la cartographie et de l’infographie des soirées électorales est travaillée par l’équipe numérique et exploitée par l’antenne.