Alphabet, maison mère de Google, a largement dépassé les attentes du marché au 3T, toujours soutenu par la croissance éffrénée de son activité d’informatique à distance (cloud) et l’appétit pour l’IA. Le bénéfice net ressort à 26,3 milliards de dollars, soit un bond de 34% sur un an, selon un communiqué publié mardi. Rapporté par action, indicateur de référénce pour Wall Street, il atteint 2,12 dollars, soit sensiblement au-delà des 1,84 dollar anticipés par les analystes. La progression du bénéfice est nettement plus rapide que celle du chiffre d’affaires (+15%), notamment grâce à une amélioration de la rentabilité du «cloud», dont le résultat opérationnel a été multiplié par plus de sept. Cette performance de l’informatique à distance est de nature à rassurer le marché, qui attend la concrétisation des investissements massifs réalisés par Google dans le «cloud» et l’IA depuis deux ans. Angelo Zino, analyste de CFRA, a relevé l’amélioration sensible de la marge opérationnelle du «cloud» à 17% ce trimestre, contre 11% lors de la période précédente. «Dans le cloud, nos solutions d’IA favorisent l’adoption (de l’intelligence artificielle) par nos clients existants, en attirent de nouveau et permettent de décrocher de plus gros contrats», a commenté le directeur général Sundar Pichai, cité dans le communiqué. En quatre ans seulement, le poids du «cloud» dans le chiffre d’affaires d’Alphabet est passé de 7% à 13%. Google s’est affirmé, aux côtés d’Amazon et Microsoft, comme l’un des tous premiers acteurs de l’informatique à distance, offrant aux entreprises clients des capacités d’hébergement et de traitement des données considérables. C’est un nouveau moteur de croissance pour le groupe de Mountain View (Californie), qui a bâti son empire sur les moteurs de recherche et la publicité en ligne. Les résultats du «cloud» «confirment l’hypothèse selon laquelle les grands prestataires (d’informatique à distance) sont bien positionnés pour bénéficier de la révolution IA», a réagi, dans une note, Matt Britzman, d’Hargreaves Lansdown. «Il semble que l’offre d’Alphabet soit bien mieux adaptée à cette phase de croissance IA que lors de la précédente vague (d’adoption de l’informatique à distance) lors de laquelle AWS d’Amazon et Azure de Microsoft s’en sont mieux tiré», a ajouté l’analyste. «Nous cherchons à investir dans l’IA et d’autres secteurs de croissance tout en nous montrant disciplinés sur le plan des coûts», a déclaré la nouvelle directrice financière, Anat Ashkenazi, lors de la conférence téléphonique de présentation des résultats. Grâce à du matériel plus performant, mais aussi à des innovations, Google est parvenu à réduire de 90% le coût moyen d’une requête pour son produit d’IA générative Overviews, a indiqué Sundar Pichai lors de la présentation des résultats. AI Overviews est une fonctionnalité intégrée au moteur de recherche de Google qui propose un résultat rédigé à une requête et pas seulement des liens comme c’était le cas jusqu’ici. Si elle n’affiche pas la progression insolente du «cloud», l’activité moteur de recherche reste bien orientée (+12%), de même que la plateforme vidéo YouTube (+12% également). Sur le plan géographique, les Etats-Unis sont la zone la plus dynamique (+19%), même si toutes les régions d’implantation du groupe sont en hausse. Au total, le c.a. s’affiche à 88,3 milliards de dollars, soit 15% de mieux que l’an dernier à la même époque. Wall Street a bien réagi à cette publication. Le titre Alphabet gagnait plus de 5% dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de la place new-yorkaise. «Alphabet était la première entreprise technologique majeure à publier ses résultats et elle n’a pas déçu», a conclu Matt Britzman. «Les résultats de Google montrent qu’il peut se distinguer malgré les menaces sérieuses qui pèsent sur son activité publicitaire», a commenté Evelyn Mitchell-Wolff, du cabinet Emarketer.
Google a été reconnu coupable, début août, de pratiques anticoncurrentielles dans la gestion et la promotion de son célèbre moteur de recherche. Début octobre, le ministère américain de la Justice a suggéré plusieurs pistes au juge fédéral chargé de déterminer la peine de Google, évoquant notamment un possible démantèlement du groupe.