Le journaliste Romain Bolzinger a déposé plainte contre X jeudi en raison de l’exploitation illégale de ses fadettes par la «police des polices» dans le cadre d’une enquête dirigée par le procureur de Nanterre Philippe Courroye, selon une copie de la plainte. Cette plainte déposée à Paris intervient quelques heures après l’annulation de la mise en examen de M. Courroye et de son adjointe Marie-Christine Daubigney dans une autre affaire de fadettes, celle des journalistes du «Monde» qui travaillaient sur le dossier Bettencourt en 2010. Elle survient un mois après que la cour d’appel de Paris a estimé que les réquisitions sur le téléphone de M. Bolzinger, journaliste à l’agence Tac Presse, faites sans son aval, avaient porté atteinte à la loi sur le secret des sources. «L’arrêt de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris du 24 février 2012 est explicite», peut-on lire dans cette plainte pour «collecte de données à caractère personnel par moyen frauduleux, déloyal ou illicite». «Monsieur Bolzinger a bien été victime d’un tel délit, de manière directe et personnelle», poursuit le texte. «Ses facturations téléphoniques détaillées ont été consultées et exploitées par les services de police sur autorisation du procureur de la République de Nanterre de manière illégale, sans aucun droit.» L’Inspection générale des services (IGS, la «police des polices») avait requis les factures téléphoniques détaillées de M. Bolzinger après la diffusion dans l’émission «Special Investigation» sur Canal+, en mars 2010, de son reportage intitulé «Les méthodes choc des paparazzis». Saisie d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nanterre, la «police des polices» tentait de découvrir l’identité d’un paparazzi qui monnayait 200 euros avec un fonctionnaire de police une information sur l’immatriculation d’un véhicule appartenant à la journaliste Laurence Ferrari. Les fadettes du journaliste avaient permis de démasquer le paparazzi présumé, qui a été mis en examen pour corruption en mars 2011. Cette mise en examen a été annulée en février au motif que les policiers avaient violé la loi sur la protection des sources.
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