MEDIA +
Vous venez de produire «Des soucis et des hommes» (8X52’), une nouvelle série de fiction pour France 2 qui met en scène une bande de copains. Amitié et famille en fiction, deux éléments fédérateurs ?
Nicolas TRAUBE
L’amitié est rarement traitée au 1er plan dans les fictions françaises. Du coup, je ne sais pas si c’est un thème fédérateur. Nous le verrons après la diffusion de «Des soucis et des hommes» en Prime sur France 2 à partir du mercredi 22 février.
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Certains présentent la série comme le nouveau «Fais pas ci, fais pas ça», alors que d’autres la compare à un «Desperate Housewives» à la française avec des hommes. Ces comparaisons vous satisfont-elles ?
Nicolas TRAUBE
«Fais pas ci, fais pas ça» est une série de sketchs liés par une intrigue principale, alors que nos scénarios anticipent ce qui va se produire dans l’histoire. «Des soucis et des hommes» est une sorte de «Desperate Housemen», une série transgenre avec une touche humoristique et du sentiment. Mais elle fait appel à des ressorts plus réalistes que «Desperate Housewives».
MEDIA +
De nombreux plans séquences, l’utilisation de la steadycam, une bande-originale pétillante, serait-ce les ingrédients d’une série attrayante et moderne pour le public de France 2 ?
Nicolas TRAUBE
Les deux scénaristes «Des soucis et des hommes» et moi-même sommes fans de séries. Depuis quelques années, nous avions le regret de constater que les séries françaises n’utilisaient plus de codes (musicaux, visuels,…) propres à ce genre et que l’on pouvait retrouver d’un épisode à l’autre. Ces spécificités, les Australiens et les Américains s’en servent extrêmement bien. A notre tour d’essayer !
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Vous avez été directeur de la fiction de France 2 entre 1996 et 2000, cela a-t-il aidé pour capter les tendances en matière de séries ?
Nicolas TRAUBE
Si l’on trouve que mon bilan à France 2 est satisfaisant, c’est parce que j’ai toujours été inspiré par des réflexions sur la nature de la télévision et des séries. Que vous soyez producteur ou diffuseur, la démarche est à peu près la même. Mais quand vous êtes diffuseur, vous avez l’avantage d’avoir accès à toutes les études qui vous permettent d’affiner les attentes du public.
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De février à mai 2008, vous avez été membre de la Commission Copé pour une nouvelle télévision publique. Quelle leçon tirez-vous de cette expérience ?
Nicolas TRAUBE
En participant à ces commissions de «cocus», je pense que nous avons travaillé d’arrache-pied pour pas grand chose. Nous avons d’ailleurs trouvé scandaleux la façon dont était traité le travail réalisé par des bénévoles professionnels. Je comprends très bien qu’on ne retienne pas la totalité des propositions établies par une commission, mais de n’en retenir presque aucune et de les traiter avec un mépris affiché et désinvolture, c’est plus que frustrant.
MEDIA +
En créant Pampa Production, vous souhaitiez vous tourner vers l’international en participant à la coproduction de séries. Continuez-vous sur cette lignée ?
Nicolas TRAUBE
La plupart des projets de Pampa Production sont internationaux. Je viens de terminer le tournage de «Rouge Brésil» (2X100’) pour France 2 qui est l’adaptation du livre de Jean-Christophe Rufin. C’est une coproduction avec le Brésil et le Canada. Dans un autre registre, je prépare un téléfilm pour Arte, «La clinique du Dr Blanche» (90’) sur l’enfermement au 19ème siècle. J’ai également deux projets de fiction autour de l’homme dont un sur l’histoire du Cid au 11ème siècle.