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Vous vous inquiétez du «sous-financement encore trop criant de l’écriture dans le budget des œuvres». Quels sont vos attentes en la matière ?
Jean-André YERLES
Nos attentes rejoignent le rapport sur la législation qui a été rendu public la semaine dernière par Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture. Tout d’abord, il faut savoir que les diffuseurs développent de plus en plus de projets de fictions et se donnent le choix d’arrêter (ou pas) le développement en fonction de la qualité d’un projet. En conséquence, nous écrivons beaucoup de scénarios qui ne voient jamais le jour. Aujourd’hui, chaque protagoniste (diffuseurs, scénaristes) fonctionne dans son coin avec des pratiques professionnelles qui, au fil du temps, ont fini par abîmer» la fiction. C’est pourquoi, nous demandons à ce qu’une «charte de l’écriture» soit mise en place afin d’établir une relation saine avec tous nos partenaires.
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En quoi les «pratiques professionnelles» abîment-elles la fiction française ?
Jean-André YERLES
Au départ, un scénariste défend le point de vue de son projet. Ensuite, la chaîne intervient en permanence sur le scénario avec des exigences éditoriales qui finissent par dénaturer le point de vue original et l’intérêt de la fiction.
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Le rapport de la mission Chevalier – publié dernièrement par le Ministère de la Culture – reprend l’ensemble des solutions préconisées par les scénaristes pour créer une fiction française à la hauteur de leurs ambitions. Comment déterminez-vous ces ambitions ?
Jean-André YERLES
La 1ère ambition des scénaristes est de créer une fiction exportable et de qualité. Par rapport aux Anglo-Saxons, nous accusons un déficit dans la rapidité d’écriture et de production.
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Vous parlez de rapidité d’écriture et de qualité, ces deux notions font-elles la paire ?
Jean-André YERLES
Absolument ! Le gros problème des scénaristes aujourd’hui, c’est l’impossibilité de n’avoir qu’un seul projet et de se concentrer dessus. A l’heure actuelle, un scénariste souhaitant vivre de ses acquis doit simultanément travailler sur différents scénarios, les projets s’arrêtant en permanence.
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