Daniel BILALIAN, DGA en charge des sports à France Télévisions

Alors que les Jeux Olympiques d’Hiver se sont terminés hier soir, l’heure du bilan a sonné. Pour la première fois, Daniel BILALIAN, Directeur Général Adjoint en charge des Sports à France Télévisions répond aux différentes critiques reçues lors des Jeux. Il nous dresse également un état des lieux global de cet événement sportif.

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Les journalistes sportifs de France Télévisions ont été la cible de virulentes critiques tout au long des JO de Sotchi. Que leur répondez-vous ?

Daniel BILALIAN

Les excès de louanges et de critiques sont toujours à relativiser, notamment dans le sport, sujet qui provoque, en règle générale, le plus de réactions. Or, le médiateur de France Télévisions n’a pas reçu davantage de réflexions positives ou négatives qu’à l’ordinaire durant ces Jeux Olympiques. Par ailleurs, il serait anormal qu’à raison de 14 heures de retransmissions par jour, soit 200 heures de captations pendant plus de 2 semaines, il ne puisse se glisser quelques formules audacieuses ou quelques superlatifs emportés par l’enthousiasme et le patriotisme propre aux JO. 

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Le CSA se penchera sur les commentaires des JO. Qu’en pensez-vous ?

Daniel BILALIAN

Très honnêtement, je ne m’inquiète pas de l’interrogation du CSA sur le fait que les commentateurs puissent exprimer leur enthousiasme à l’antenne tout en le faisant partager à des millions de téléspectateurs. D’une manière ou d’une autre, les réseaux sociaux et Internet sont des médias suffisamment puissants pour engendrer des réactions qui s’accumulent. Ces réactions peuvent en effet susciter l’interrogation. Mais si le «produit» que nous retransmettons était vraiment aussi insupportable, le public ne serait pas là. Or, plus de 40M de Français ont regardé ces JO d’Hiver avec une moyenne quotidienne de 2,5M de personnes.

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Le bilan est donc indiscutablement positif de votre côté ?

Daniel BILALIAN

Evidemment ! Etre les JO de Sotchi et ceux de Turin il y a 8 ans, nous constatons une augmentation de la part de marché et du nombre de téléspectateurs malgré un périmètre audiovisuel qui s’est largement renforcé depuis. A l’époque, la TNT était embryonnaire. Aujourd’hui, elle recouvre près de 30% du marché. Si nous prenons l’exemple de France 2, les JO de Turin en 2006 avaient réuni 2,6M de téléspectateurs soit 20,5% de pda en moyenne, contre 2,6M et 21,6% du public pour Sotchi. 

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Avez-vous pu travailler dans des conditions optimales en Russie ?

Daniel BILALIAN

Nous avons travaillé dans des conditions normales, naturellement très sécurisées dans la mesure où chaque pays organisateur des JO est le centre du monde durant 15 jours. Nous n’avons pas rencontré plus de problèmes que lors des précédents Jeux. J’ai donné pour consignes à mes collaborateurs de signaler à l’antenne tout événement pouvant survenir en dehors de la compétition. Ce qui se passe en Ukraine a été régulièrement évoqué durant nos retransmissions sportives. Nous n’avons pas été absents du contexte politique qui entourait ces Jeux.